L’empreinte climatique humaine détectée en Europe et ailleurs
45 ans de données satellitaires sont désormais disponibles. Selon l’équipe autour de Chao Li, elles suffisent à rendre empiriquement visible le réchauffement d’origine humaine dans la plupart des régions. Ces données offrent ainsi une perspective régionale sur un signal connu depuis longtemps à l’échelle mondiale — y compris pour l’Europe, qui subit une vague de chaleur sans précédent.
Pour cela, les chercheurs ont analysé les données de température de surface de la Terre de 1850 à 2022 et comparé les tendances régionales à la moyenne mondiale. Le schéma déterminant se compose de plusieurs éléments : la troposphère se réchauffe tandis que la stratosphère se refroidit ; les terres se réchauffent davantage que les océans ; et l’Arctique se réchauffe particulièrement vite. L’ensemble forme une empreinte statistique qui se distingue des fluctuations naturelles.
La méthode s’appelle la « détection et attribution » : elle met statistiquement en évidence une évolution du climat et lui attribue une cause. Elle trouve son origine dans les travaux de Klaus Hasselmann, directeur fondateur de l’Institut Max-Planck de météorologie. Hasselmann a montré dès les années 1970 comment extraire les influences humaines des fluctuations naturelles du climat ; il a reçu le prix Nobel de physique pour cela en 2021. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) s’appuie également sur sa méthode.
La limite de cette nouvelle analyse réside elle aussi dans les données. Selon la chercheuse Josie Aruhasi, les modèles climatiques évaluent souvent de manière trop optimiste le délai nécessaire avant d’obtenir une détection régionale statistiquement fiable, appelé « temps d’émergence ». Dans l’Arctique, les fluctuations naturelles ont sensiblement ralenti le réchauffement entre la fin des années 1990 et le début des années 2010. Dans l’océan Austral et l’Atlantique Nord subpolaire, le signal humain reste actuellement noyé dans le bruit naturel.
Et qu’est-ce que cela change concrètement ? Les chercheurs peuvent désormais décrire l’influence humaine non plus seulement comme une moyenne mondiale, mais aussi l’extraire directement des données d’observation pour la plupart des régions. Cela renforce le lien entre les changements mesurés localement — par exemple le schéma de réchauffement en Europe — et leur cause humaine. L’étude montre également dans quelles régions l’attribution reste incertaine et où de nouvelles observations sont nécessaires.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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