SpacemiT dévoile la V100, un processeur RISC-V pour serveurs

Sur la scène du RISC-V China Summit de Shenzhen, le 19 octobre, SpacemiT n'a pas seulement présenté un processeur. Il a présenté trois serveurs complets construits autour de sa nouvelle puce V100, ainsi qu'une affirmation qui compte davantage pour les constructeurs de centres de données que n'importe quelle fréquence d'horloge : la puce fait tourner Linux standard sans version spécifique. L'entreprise a présenté ces travaux avec l'équipe du processeur open source XiangShan.
Le problème visé est ancien. Les puces RISC-V embarquées ont généralement nécessité une version spécifique du système d'exploitation pour chaque composant, ce qui les rend difficiles à intégrer dans une salle serveur, où les exploitants attendent des logiciels prêts à l'emploi. SpacemiT affirme que la V100 met en œuvre cinq spécifications serveur RISC-V, dans le silicium, le micrologiciel et le système d'exploitation : RVA23, Server SoC, Server Platform, Boot and Runtime Services (BRS), et un modèle de sécurité. L'entreprise indique avoir réussi tous les tests BRS. Elle cite openEuler, openKylin, openRuyi, Debian, Ubuntu, Fedora, Red Hat et Rocky Linux comme systèmes qui s'installent, démarrent et fonctionnent directement.
Le silicium est un ensemble hybride de 46 cœurs. Six cœurs proviennent de XiangShan, la conception Kunminghu V2R2, et 40 de la X100 de SpacemiT. La puce fonctionne jusqu'à 2,4 GHz, pilote huit canaux de mémoire DDR5 et offre 52 voies PCIe 5.0, les liaisons à haut débit qui relient un processeur aux accélérateurs et au stockage. Deux puces peuvent être reliées de façon cohérente pour atteindre 92 cœurs. Le serveur IA phare, le G5201, embarque huit cartes d'accélération pleine hauteur et double largeur, dotées d'un réseau RDMA à haut débit, une méthode permettant de transférer des données entre machines avec une surcharge minimale. SpacemiT affirme avoir validé cette configuration avec des accélérateurs nationaux, dont le M100 de Kunlunxin.
Pour les opérateurs cloud, l'argument est l'isolation. La V100 prend en charge l'extension hyperviseur (H) de RISC-V, la gestion des interruptions AIA et un IOMMU, qui permettent ensemble la virtualisation matérielle du processeur, de la mémoire, des interruptions et des entrées-sorties. SpacemiT affirme que ces extensions sont déjà prises en charge nativement par le noyau Linux en amont, si bien qu'aucun noyau spécifique n'est nécessaire. L'entreprise promeut les micro-VM légères comme moyen d'isoler les charges de travail des agents IA dans le cloud, avec une surcharge proche de celle des conteneurs. Il s'agit d'une estimation de l'entreprise, non d'une mesure indépendante.
Que change ce lancement, et pour qui ? Les partenaires qui conçoivent leurs propres machines de marque sont les principaux gagnants : SpacemiT propose des cartes mères serveur, du micrologiciel, une gestion BMC et des designs de référence matériels, afin qu'ils n'aient pas à partir de zéro pour concevoir leurs cartes. La source ne donne ni prix, ni date de livraison, ni client nommé, et chaque spécification et revendication de conformité vient de SpacemiT lui-même. La prochaine étape décisive sera un test indépendant de ces revendications de conformité, puis la livraison d'un premier serveur à un vrai centre de données.
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