Après un diagnostic de diabète, les statines liées à moins de démence
Chez les personnes atteintes de diabète de type 2, des chercheurs ont examiné si le moment du début du traitement par statines était associé à l’apparition ultérieure d’une démence. Dans des registres de santé danois, ils ont suivi 132 585 personnes n’ayant jamais pris de statines et ayant développé un diabète de type 2 entre 2006 et 2019, afin de déterminer si l’instauration précoce d’un traitement par statines était associée à un diagnostic ultérieur de démence.
Le résultat a été présenté au Congrès de l’ESC 2026 et publié dans The Lancet Regional Health – Europe. Sur une durée médiane de suivi de 7,1 ans, 2,7 % des participants ont développé une démence. Par rapport aux personnes qui n’avaient pas commencé à prendre de statines dans les cinq ans suivant leur diagnostic de diabète, celles qui avaient commencé le traitement dans l’année présentaient un risque relatif de démence inférieur de 15 % sur 10 ans. Commencer entre un et cinq ans après le diagnostic était associé à un risque relatif inférieur de 10 %.
Les chercheurs ont réparti les patients selon le moment où le traitement avait commencé et utilisé une méthode de type clone-censure-pondération. Cette méthode a été choisie pour reproduire certaines caractéristiques d’un essai randomisé et réduire certains biais fréquents dans la recherche observationnelle. L’association était similaire chez les femmes et les hommes, mais l’étude n’a pas testé les statines dans le cadre d’une expérimentation randomisée.
Le changement pratique est modeste, mais concret : chez les personnes atteintes de diabète de type 2 et présentant un taux élevé de cholestérol LDL — la forme de cholestérol réduite par le traitement —, l’utilisation précoce de statines est déjà pertinente pour le risque cardiovasculaire et pourrait également être associée à un risque plus faible de démence. Les statines sont largement disponibles et peu coûteuses, mais les chercheurs estiment qu’elles semblent sous-utilisées dans ce groupe. Ce résultat peut donc ajouter un élément aux discussions entre les patients et les professionnels de santé sur le moment où commencer le traitement.
Cette limite est importante. Les chiffres proviennent de dossiers de santé et non d’un essai dans lequel les patients auraient été répartis entre un traitement par statines et l’absence de traitement ; ils ne peuvent donc pas prouver que les médicaments ont empêché l’apparition d’une démence. La professeure Isabel Goncalves, de la Société européenne de cardiologie, a qualifié la réduction de modeste et déclaré que les résultats devaient encourager de nouvelles recherches plutôt que clore le débat.
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