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Test des PFAS dans l'eau : de six heures à 30 minutes en laboratoire

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Photo d’illustration : Florida International University Parkview Housing
Photo d’illustration : Jenstew2012 · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Maria Guerra de Navarro, postdoctorante à l'Institut de l'environnement de la FIU, est photographiée en train de prélever des échantillons d'eau. Son équipe de la Florida International University a désormais mis au point une méthode de laboratoire qui fournit des résultats sur les PFAS en 30 minutes, alors que l'analyse prenait plus de six heures. Les PFAS forment une famille de substances dites « polluants éternels » : pratiquement indestructibles, présentes presque partout aux États-Unis et liées à la perturbation endocrinienne, à l'affaiblissement du système immunitaire et au cancer.

Les enjeux sont locaux pour le sud de la Floride. L'eau potable y provient de l'aquifère peu profond de Biscayne, exposé au ruissellement de surface en provenance des décharges, des aéroports et des bases aériennes militaires, ainsi qu'aux eaux de pluie. Ni les stations d'épuration ni les installations de production d'eau potable ne traitent actuellement les PFAS, si bien que la contamination se propage dans l'ensemble du cycle de l'eau. Les services d'eau investissent dans le charbon actif, l'osmose inverse et les membranes de nanofiltration, mais ces systèmes concentrent les substances dans un flux de déchets au lieu de les détruire. Dans le comté de Miami-Dade, les puits de nappe phréatique sont contrôlés pour détecter les PFAS tous les quatre mois.

La nouvelle méthode automatise la préparation des échantillons grâce à l'extraction en phase solide en ligne, couplée à des outils de test de haute précision capables de mesurer de infimes traces de ces substances. Comme elle utilise des échantillons plus petits et moins de solvant, elle réduit le risque d'erreurs humaines lors de la manipulation. Elle détecte 39 des 40 PFAS inscrits sur la liste de l'EPA. L'équipe a délibérément laissé de côté un composé, car son suivi aurait relevé les seuils de détection du PFOS et du PFAS, les substances les plus réglementées. Natalia Quinete, professeure associée à la FIU, a jugé ce compromis inacceptable. L'équipe a par ailleurs montré que la méthode peut analyser simultanément de petites et de grandes molécules de PFAS, et elle travaille désormais sur les plus petites, fréquemment retrouvées dans l'eau potable parce que les grosses molécules s'y décomposent.

Pour un service d'eau, le changement signifierait un délai plus court entre le prélèvement et le résultat, mais la méthode n'est pas encore utilisable en ce sens. Elle doit d'abord être certifiée au terme d'études de validation approfondies menées dans plusieurs laboratoires indépendants, et les sources ne donnent pas de date pour cela. Maria Guerra de Navarro a déclaré que l'EPA devrait envisager d'intégrer ce type de technologie à une méthode normalisée, compte tenu de la demande nationale de surveillance des PFAS au regard des nouvelles règles sur l'eau potable. L'équipe a déjà caractérisé les PFAS présents dans l'eau du robinet dans plusieurs secteurs du comté de Miami-Dade et analyse actuellement des échantillons de sérum humain. Un test simplifié pour le total des PFAS, capable de traiter 20 échantillons par jour avec un matériel moins coûteux, est en cours de développement, avec pour objectif à plus long terme une évaluation en temps réel sur le terrain.

30 minutesDélai pour obtenir des résultats sur les PFAS avec la méthode de laboratoire, contre plus de six heures auparavant

Sources — lire les originaux(heure de Paris)

Phys.org — ChimieEN
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