Dans des modèles de glaucome, Torin 2 préserve les cellules rétiniennes
Un composant cellulaire endommagé peut devenir un handicap lorsque le système de nettoyage cesse de fonctionner. Dans deux modèles de glaucome, des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université du Missouri ont utilisé Torin 2 pour stimuler l’autophagie — le processus par lequel les cellules éliminent et recyclent les matières endommagées — et ont indiqué que ce traitement préservait davantage de cellules ganglionnaires de la rétine, les cellules nerveuses rétiniennes qui communiquent avec le cerveau.
L’équipe s’est concentrée sur les mitochondries, les structures qui produisent l’énergie utilisable par les cellules. Les cellules ganglionnaires de la rétine traitent un flux important d’informations visuelles, et leurs mitochondries doivent continuer à fonctionner malgré cette sollicitation. Lorsque les mitochondries endommagées ne sont pas éliminées, elles peuvent s’accumuler et provoquer un stress cellulaire associé à la dégénérescence, selon l’autrice principale, Prabhavathi Maddineni.
Le résultat ne concernait pas uniquement la survie des cellules. Les chercheurs ont indiqué que Torin 2 améliorait également la fonction des cellules ganglionnaires de la rétine dans les deux modèles de glaucome. Leur article, publié dans Molecular Neurodegeneration, présente cette approche comme un moyen de restaurer une autophagie altérée et d’empêcher l’accumulation anormale de mitochondries.
Qu’est-ce que cela change concrètement ? Ce résultat suggère une piste thérapeutique qui ne se limite pas à réduire la pression intraoculaire : aider les cellules rétiniennes à maintenir leur propre système de contrôle qualité interne. À terme, cette approche pourrait compléter la prise en charge actuelle du glaucome et cibler directement la perte de cellules nerveuses à l’origine des dommages irréversibles de la vision.
Les limites sont claires. Torin 2 n’est pas autorisé chez l’être humain, et l’étude ne permet pas d’établir qu’il est sûr ou efficace chez les patients. L’équipe de Maddineni va maintenant rechercher des moyens plus sélectifs et transposables à la pratique clinique de soutenir l’autophagie et le contrôle qualité des mitochondries.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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