Un pilote transforme des eaux minières toxiques en oxydes de terres rares
Dans l’ancienne mine de charbon de Mount Storm, en Virginie-Occidentale, une eau couleur ocre entre dans un bassin de traitement au lieu de s’écouler et de représenter une charge permanente. Le pilote de l’Université de Virginie-Occidentale capte les eaux minières acides, élimine les polluants et extrait les oxydes de terres rares du même flux.
La chimie donne au projet sa raison d’être. Le ruissellement acide dissout naturellement des terres rares en même temps que des métaux lourds, notamment les rares terres rares lourdes que sont le terbium et le dysprosium. Ces matériaux sont utilisés dans les aimants haute performance des véhicules électriques, des éoliennes et des technologies de défense, alors que les minéraux étaient autrefois rejetés lors du traitement des eaux usées.
À l’intérieur de l’installation aménagée à flanc de colline, l’eau traverse trois bassins. Les terres rares sont récupérées sous une forme concentrée tandis que les contaminants sont éliminés ; à la fin du processus, l’eau est devenue un courant propre, presque turquoise, qui peut être rejeté dans l’environnement. Cette approche évite de creuser de nouvelles mines pour extraire des matériaux déjà dissous dans le ruissellement.
L’échelle reste toutefois modeste. Le pilote de Mount Storm produit environ quatre tonnes d’oxydes de terres rares par an, tandis que des experts cités par l’AFP affirment que d’autres sites des Appalaches pourraient à terme produire 300 tonnes métriques par an, soit 7 % à 8 % de la demande mondiale en éléments lourds critiques comme le terbium et le dysprosium. Ces chiffres décrivent une extension potentielle, et non la production actuelle.
Concrètement, alors ? Le projet pourrait fournir à l’industrie américaine une source nationale de concentrés de terres rares, tout en réduisant la pollution des mines de charbon abandonnées et la dépendance à la position dominante de la Chine dans ce secteur. Mais la poudre concentrée n’est qu’une première étape : les États-Unis ne disposent toujours pas de capacités de raffinage et de séparation à l’échelle commerciale pour la transformer en aimants utilisables. Des partenariats de raffinage nationaux restent donc nécessaires.
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