Un rein de porc génétiquement modifié mène à une greffe humaine
Pendant 271 jours, Tim Andrews n’a pas eu besoin de dialyse. Puis, en janvier 2026, après le retrait de son rein de porc génétiquement modifié et plusieurs mois passés à nouveau sous dialyse, il a reçu un rein humain provenant d’un donneur décédé. Cette séquence, détaillée dans un article de Mass General Brigham publié dans The Lancet, constitue la première passerelle documentée entre un rein porcin et une greffe humaine.
La xénotransplantation — le transfert d’un organe d’une autre espèce à un humain — est étudiée parce qu’il n’y a pas assez de reins humains pour tous les patients qui en ont besoin. Leonardo Riella, auteur principal et membre du Center for Transplantation Sciences et de la Division of Nephrology de Mass General Brigham, décrit l’objectif initial comme une passerelle qui permettrait aux patients d’éviter la dialyse pendant leur attente. Un rein de porc pourrait un jour devenir un traitement à long terme, mais les chercheurs estiment qu’il faudrait pour cela établir sa sécurité et sa durabilité.
L’importance du cas d’Andrews apparaît plus clairement au regard des précédents. La première xénotransplantation d’un rein porcin chez un humain vivant a eu lieu au Massachusetts General Hospital en 2024 ; le patient avait survécu 52 jours avant de mourir de causes cardiaques sans lien avec la transplantation. Aucune étude antérieure n’avait documenté la survie d’un xénogreffon au-delà de deux mois ni réussi à conduire un patient jusqu’à la réception d’un organe humain.
Le rein d’Andrews a fonctionné immédiatement. Les médecins ont surveillé la fonction rénale, le rejet, l’apparition d’anticorps et une éventuelle infection transmise du porc à l’humain ; un épisode précoce de rejet médié par les lymphocytes T s’est résolu grâce au traitement, et aucune transmission d’agent pathogène porcin n’a été détectée. Après environ six mois, l’immunosuppression a été réduite pendant une infection. Le greffon a alors développé une lésion des microvaisseaux — une atteinte des plus petits vaisseaux sanguins de l’organe — ainsi qu’une inflammation qui a progressé jusqu’à la défaillance de l’organe. Le rein humain a fonctionné immédiatement après la transplantation, sans signe de sensibilisation lors du suivi. Andrews a reçu le rein de porc dans le cadre d’une demande de nouveau médicament expérimental à accès élargi auprès de la U.S. Food and Drug Administration.
Pour les patients atteints d’insuffisance rénale terminale, le bénéfice concret serait de pouvoir rester sans dialyse pendant la recherche d’un donneur humain : une passerelle, et non encore un remplacement permanent démontré. Le rein d’Andrews a fini par cesser de fonctionner, mais la lésion tardive met en évidence des pistes d’amélioration du traitement immunosuppresseur, de l’ingénierie génétique des donneurs et du suivi. STAT rapporte que deux receveurs ont désormais reçu des organes humains, transformant une question redoutée sur les futures transplantations humaines en un premier résultat clinique plutôt qu’en une simple hypothèse.
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