Un revêtement réduit de 45 % de plus les cas de dengue en Colombie
À Cúcuta, en Colombie, les principaux sites de reproduction des moustiques peuvent être de grandes cuves servant à laver, installées à côté des habitations. Des chercheurs de l’université de Fribourg ont appliqué une seule fois un revêtement sur ces récipients, puis ont suivi la transmission de la dengue pendant un an. Dans les quartiers traités, le nombre de cas de dengue a diminué de 45 % de plus que dans des zones témoins comparables.
L’essai randomisé en grappes a couvert 20 zones urbaines, comptant chacune environ 1 600 à 2 000 foyers. Un an après le traitement, les zones revêtues ont enregistré 337 cas pour 100 000 habitants, contre 529 cas pour 100 000 dans les zones témoins. Les logements contenant des larves ou des nymphes de moustiques sont également devenus nettement moins nombreux.
Le revêtement agit en deux temps. Une substance active tue les moustiques adultes Aedes aegypti — le moustique de la fièvre jaune — et inhibe leur ponte. Une seconde empêche les larves et les nymphes de se développer. Des microcapsules libèrent lentement les deux substances, maintenant la surface active pendant plus de 12 mois. Le coût direct s’élevait à environ 2 dollars US par an et par citerne, et de précédentes études de sécurité n’avaient relevé aucun risque sanitaire lié à l’eau des récipients traités.
Ce résultat est important, car la dengue touche chaque année entre 100 millions et 400 millions de personnes, tandis que le changement climatique, l’urbanisation et la propagation du moustique tigre asiatique accroissent le risque de flambées locales en Europe. L’Allemagne utilise déjà l’agent biologique Bti contre les larves de moustiques dans les récipients d’eau, mais celui-ci doit être réappliqué toutes les deux semaines. Un revêtement plus durable pourrait réduire cette charge pour les ménages et les autorités locales.
Alors, concrètement ? Un seul traitement pourrait protéger les habitations en ciblant les lieux où les moustiques se reproduisent, plutôt qu’en reposant uniquement sur des interventions répétées contre les insectes adultes. Mais l’Allemagne n’est pas encore un terrain de déploiement : ses espèces de moustiques, son climat, les types de récipients et ses programmes de lutte diffèrent, et les résultats colombiens ne peuvent pas y être appliqués directement. L’équipe de Fribourg estime qu’une solution européenne à faire soi-même est envisageable une fois le produit autorisé.
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