Le Royaume-Uni teste la salive et l’intestin pour l’endométriose
Un tube de salive et un ensemble de capteurs placés sur l’abdomen sont testés face à un problème qui peut faire perdre des années : le diagnostic de l’endométriose. Au Royaume-Uni, deux tests non invasifs — Endotest et EndoSure — seront utilisés auprès de patients de médecine générale au cours des trois prochaines années pour déterminer s’ils peuvent identifier la maladie plus tôt.
Endotest recherche des profils de microARN, de petites molécules qui participent au contrôle de l’activité des gènes. Une étude française portant sur 971 patients a fait état d’une grande précision, mais la plupart des participants souffraient d’endométriose. Cette population diffère de celle des patients ordinaires de médecine générale consultant pour des douleurs pelviennes, qui peuvent être dues à des troubles intestinaux, urinaires, musculaires ou autres. Les performances du test dans cette population réelle restent inconnues.
EndoSure dure 45 minutes et mesure les signaux électriques de l’intestin grâce à des capteurs placés sur l’abdomen. Une étude menée auprès de 154 femmes a fait état d’une sensibilité de 95 % — détectant correctement les personnes atteintes d’endométriose — et d’une spécificité de 96 % — écartant correctement la maladie chez les personnes qui n’en sont pas atteintes. Mais de nombreuses participantes du groupe témoin n’avaient pas été confirmées chirurgicalement comme exemptes de la maladie. Des travaux préliminaires ultérieurs ne portaient que sur 25 femmes atteintes d’endométriose confirmée et 25 témoins, et les chercheurs n’ont pas pu déterminer si d’autres maladies, notamment l’adénomyose, pouvaient fausser les résultats.
L’alerte s’est renforcée avec des résultats non publiés présentés lors d’une réunion scientifique : EndoSure a détecté toutes les personnes atteintes d’endométriose, mais sa spécificité annoncée n’était que de 5 %. Selon ce résultat, 95 % des personnes sans endométriose avaient tout de même obtenu un résultat positif. Des études de plus grande ampleur devront confirmer quel chiffre reflète les performances du test en médecine générale.
Pour les patients, un test précoce efficace pourrait éveiller les soupçons et les aider à accéder plus rapidement à une échographie spécialisée. Il ne remplacerait pas l’imagerie, qui montre où se trouve la maladie et quelle est son étendue, ni l’évaluation des adhérences — des tissus semblables à des cicatrices qui peuvent coller entre eux les organes pelviens. Un résultat négatif ne devrait pas écarter des symptômes persistants, à moins que le test permette d’exclure de manière fiable l’endométriose dans la population examinée ; les douleurs pelviennes doivent continuer à faire l’objet d’investigations même en l’absence d’endométriose.
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