Artemis II transmet près d’un demi-téraoctet par laser à 260 Mbps
Une Terre en croissant a glissé derrière la Lune, une éclipse solaire totale s’est déroulée pendant près d’une heure et de minuscules météoroïdes ont produit des éclats à la surface lunaire. Pendant Artemis II, en avril, ces scènes sont parvenues aux spectateurs grâce à un nouveau type de liaison spatiale : un système laser infrarouge qui a transmis près d’un demi-téraoctet de données vers la Terre.
Le système s’appelle O2O, abréviation de Orion Artemis II Optical Communications System. Le MIT Lincoln Laboratory l’a développé avec le Goddard Space Flight Center de la NASA pour le vaisseau Orion. Au lieu d’utiliser des signaux de radiofréquence, O2O transmet les données au moyen d’un laser infrarouge, capable de transférer 10 à 100 fois plus de données par seconde que les ondes radio.
Cette différence a changé ce que la mission pouvait montrer. O2O a transmis des données à un débit pouvant atteindre 260 mégabits par seconde, fournissant des images décrites par MIT Technology Review comme d’une netteté exceptionnelle et comparables, en matière de vitesse, à celles des connexions internet domestiques. Les précédentes missions américaines vers la Lune reposaient sur des systèmes radio qui produisaient des images et des vidéos granuleuses et de mauvaise qualité.
Pour les astronautes, le gain pratique ne se limite pas à une retransmission vidéo plus nette. Une connexion à haut débit peut transférer d’importants volumes d’images depuis l’espace lointain, donnant aux habitants de la Terre accès aux bassins et aux cratères de la face cachée, ainsi qu’à des événements évoluant rapidement, comme une éclipse ou l’éclat d’un impact. La mission a également permis d’identifier l’équipe d’ingénierie responsable de cette liaison : Farzana Khatri, membre senior du Optical and Quantum Communications Group du Lincoln Laboratory, a dirigé les travaux sur les systèmes.
O2O a été testé lors d’une mission habitée, sans pour autant démontrer que les liaisons laser avaient remplacé les communications radio dans l’ensemble des vols spatiaux habités. Khatri a expliqué que l’objectif était de démontrer l’utilité opérationnelle du système pour une mission habitée et d’étendre à l’espace lointain les connexions à haut débit familières sur Terre. Artemis II a donc fourni une démonstration en vol, tandis que les usages courants à plus grande échelle restent réservés aux futures missions.
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