À Lund, une équipe bloque une voie inflammatoire de l’hème
Lorsqu’un globule rouge se désagrège, il libère de l’hème dans le sang. Des chercheurs de l’Université de Lund ont identifié comment cet hème libre peut transformer une réaction sanguine en inflammation — et ont bloqué la voie dans des modèles expérimentaux.
Le mécanisme commence lorsque l’hème se lie au facteur XII et l’active, une protéine présente dans le sang. Cela déclenche le système kallikréine-kinine, qui libère de la bradykinine. Les vaisseaux sanguins se dilatent alors et deviennent plus perméables : du liquide peut s’échapper dans les tissus environnants, contribuant au gonflement, à l’inflammation et à une baisse de la pression artérielle.
Les chercheurs ont recherché des signes de ce processus dans des échantillons sanguins de 34 enfants atteints de syndrome hémolytique et urémique, ou SHU. Cette complication grave peut survenir après une infection à EHEC et associe un faible nombre de plaquettes, une insuffisance rénale aiguë et la destruction des globules rouges. Selon le marqueur utilisé, l’activation du système inflammatoire a été détectée chez 10 sur 34 ou 17 sur 32 enfants ; elle était associée au degré d’hémolyse et à l’atteinte rénale.
L’équipe a ensuite utilisé un inhibiteur de C1, un médicament employé dans une autre indication, pour empêcher l’activation dans des modèles expérimentaux. Dans ces modèles, l’inhibiteur de C1 a empêché l’activation de cette voie, qui pourrait contribuer à l’inflammation lorsque les globules rouges sont fortement endommagés. La portée potentielle dépasse le SHU, puisque l’hémolyse survient également dans le paludisme, la drépanocytose, les traumatismes, les brûlures et lorsque le sang est soumis à des contraintes mécaniques pendant une circulation extracorporelle ou au contact de valves cardiaques mécaniques.
Et concrètement, qu’est-ce que cela change ? Cela fournit aux chercheurs un mécanisme à tester lorsque l’inflammation accompagne une destruction importante des globules rouges, ainsi qu’une intervention candidate à étudier. Cela ne donne pas encore aux médecins un traitement éprouvé : l’équipe de Lund n’a pas démontré que l’inhibiteur de C1 était efficace chez des patients, et la contribution plus large de cette découverte aux maladies reste une question ouverte.
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