En laboratoire, Mayo relie deux signaux intestinaux à la constipation du SII
Dans le laboratoire du Microbiomics Program de Mayo Clinic, des chercheurs ont suivi une chaîne qui commence par la chimie bactérienne et se termine par le transit intestinal. Leur nouvelle étude montre que deux signaux microbiens, l’hypoxanthine et le butyrate, coopèrent au sein des cellules intestinales pour réguler ce processus.
L’hypoxanthine incite les cellules entérochromaffines — des cellules spécialisées qui tapissent l’intestin — à libérer de la sérotonine, un messager chimique qui contribue à faire progresser les aliments dans le tube digestif. Le butyrate joue un rôle de soutien : il prépare ces cellules à réagir plus fortement à l’hypoxanthine, amplifiant ainsi le signal au lieu de le remplacer.
Les chercheurs ont testé ce mécanisme à plusieurs niveaux, en utilisant des cellules intestinales cultivées en laboratoire, des organoïdes — des modèles miniatures de l’intestin —, des tissus intestinaux et des bactéries génétiquement modifiées. Ils ont identifié les cellules entérochromaffines comme des points de rencontre où plusieurs messages microbiens peuvent être combinés avant que l’intestin ne réagisse. Les résultats ont été publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences.
Le lien avec le syndrome de l’intestin irritable à constipation prédominante provient de travaux antérieurs de Mayo Clinic, qui avaient relevé des taux plus faibles de ces deux molécules chez les patients atteints de cette maladie. Cela ne montre pas que leur remplacement permettrait de traiter les patients. Le résultat actuel décrit un mécanisme observé en laboratoire, et les chercheurs doivent encore vérifier si le rétablissement de signaux complémentaires améliore le transit intestinal.
Concrètement, qu’est-ce que cela change ? Ces travaux ouvrent la voie à des traitements du microbiome conçus en fonction de la combinaison de signaux manquants chez chaque patient, plutôt que d’une seule bactérie ou molécule. Pour les personnes souffrant de constipation liée au SII, cela pourrait un jour se traduire par une approche plus ciblée pour rétablir le fonctionnement intestinal ; pour l’instant, il s’agit d’une piste de recherche, et non d’un traitement disponible.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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