Les échecs associés à une meilleure qualité de vie
À l’Institut central de santé mentale, un échiquier devient un test de mémoire : les participants étudient la position des pièces, puis tentent de la reconstituer. Ils n’apprennent pas des ouvertures et ne s’affrontent pas. Dans deux études pilotes, le CIMH a constaté que cet entraînement structuré était associé à une meilleure qualité de vie et à de meilleures performances cognitives lorsqu’il était ajouté à un traitement psychiatrique existant.
La première étude, publiée dans Neuropsychological Rehabilitation, portait sur des personnes dépendantes à l’alcool qui suivaient un programme de réadaptation. En complément de leurs soins habituels, les participants réalisaient des exercices d’échecs. Ils parvenaient à maintenir leur attention plus longtemps que le groupe témoin et rapportaient une meilleure qualité de vie après l’intervention. Les séances en groupe favorisaient également la communication et les interactions sociales, tandis que les participants évaluaient positivement l’intervention.
Une seconde étude, publiée dans Clinical Child Psychology and Psychiatry, a testé cette approche auprès d’adolescents âgés de 13 à 17 ans suivis en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Pendant six semaines, les participants se sont entraînés avec le même type d’exercices fondés sur des positions sur l’échiquier. Par rapport au groupe témoin, ils ont montré des progrès en mémoire de travail et rapporté un bien-être psychologique accru ainsi qu’une meilleure qualité de vie.
Le mécanisme dépasse délibérément le cadre des échecs. En mémorisant et en reconstituant des positions, les participants sollicitent leur attention et leur mémoire de travail, tandis que les problèmes mobilisent aussi la planification et la résolution de problèmes. Aucune connaissance préalable des échecs n’est nécessaire et la compétition n’est pas l’objectif. Dans l’étude consacrée à la dépendance à l’alcool, la volonté de recommander l’intervention à un ami a augmenté significativement et est restée supérieure trois mois après l’intervention.
Concrètement, qu’est-ce que cela change ? Cette approche pourrait offrir aux équipes psychiatriques une activité de groupe accessible, ajoutant un entraînement cognitif, des contacts sociaux et une attention portée au bien-être quotidien aux traitements existants. Elle ne remplace pas la psychothérapie ou la réadaptation : Sabine Vollstädt-Klein précise qu’elle est conçue comme un complément. Les données restent préliminaires et le CIMH prévoit des études plus importantes pour déterminer quels patients en bénéficient le plus et comment intégrer au mieux cet entraînement.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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