Hong Kong : un outil dépiste la fragilité sociale des seniors
Un professionnel de première ligne à Hong Kong pourrait bientôt disposer d’une courte liste de contrôle pour un problème visible depuis longtemps, mais difficile à mesurer : une personne âgée qui manque de soutien social, de liens ou des ressources nécessaires pour faire face aux difficultés. Des chercheurs de l’Université polytechnique de Hong Kong ont mis au point l’outil de dépistage Social Frailty 10-Item, ou SF-10, que des travailleurs sociaux d’organisations non gouvernementales et de cliniques communautaires ont déjà adopté.
L’outil a été conçu pour les environnements de soins où le temps est compté. Il examine cinq domaines — ressources générales, participation sociale, liens sociaux, relations interpersonnelles et autogestion — à l’aide d’une échelle de cinq points. Les scores élevés indiquent un risque accru. Un score faible pour les ressources peut déclencher une aide financière ou des soins de santé ; un score faible en matière de participation peut orienter vers des programmes communautaires ou une prescription sociale, c’est-à-dire l’orientation vers des activités non médicales favorisant le bien-être.
L’équipe dirigée par Jed Montayre, vice-directeur chargé de la stratégie et professeur associé à l’École des sciences infirmières de PolyU, a organisé deux ateliers de conception conjointe avec 40 parties prenantes, parmi lesquelles des personnes âgées, des aidants familiaux, des travailleurs sociaux, des ergothérapeutes, des infirmiers et des médecins. L’outil ainsi obtenu a été évalué auprès de 234 seniors vivant à domicile et a montré une fiabilité et une validité prometteuses. L’étude, publiée dans Contemporary Nurse, précise que sa validation se poursuit.
Concrètement, le SF-10 pourrait fournir aux réseaux de soins primaires, de services communautaires et de soins à domicile un moyen reproductible de repérer rapidement les risques sociaux, de mettre les personnes en relation avec une aide pratique et de suivre l’évolution de ces risques au fil du temps. Il ne s’agit ni d’un diagnostic ni d’un système déployé à l’échelle de la ville : les chercheurs espèrent que le SF-10 finira par être standardisé dans tout Hong Kong.
La revue menée par la même équipe sur les interventions fondées sur la nature destinées aux personnes âgées atteintes de démence apporte un enseignement en matière de conception. Qu’il s’agisse d’expériences directes, comme des visites de jardins, ou indirectes, comme des sons naturels, des odeurs ou un éclairage respectant le rythme circadien, les environnements physiques et les interactions sociales étaient les principaux facteurs d’efficacité. Les interventions en intérieur ont donné de meilleurs résultats que celles en extérieur, tandis qu’une stimulation extérieure non régulée pouvait parfois avoir des effets négatifs. Dans les établissements de soins, l’environnement utile n’est donc pas simplement celui qui offre davantage de nature, mais celui qui propose une stimulation adaptée à la tolérance de chaque résident et combinée à des occasions d’échanger.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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