Un questionnaire évalue la navigation de 940 seniors en bonne santé
Pour une personne présentant un déclin cognitif précoce, le trajet du retour depuis un supermarché peut devenir problématique — non pas parce que la route a changé, mais parce que des indications familières ne semblent plus fiables. À l’Université Flinders, des chercheurs dirigés par la Dre Monique Boord et la Dre Stephanie Wong ont testé un questionnaire conçu pour faciliter la détection de ces changements de navigation.
Le Spatial Navigation and Memory Questionnaire, ou SPAM, a été évalué auprès de 940 seniors. Il demande aux participants de décrire leurs capacités perçues en matière de navigation et de mémoire tout au long de leur vie et au cours des trois derniers mois. L’étude a montré que le questionnaire couvrait deux domaines distincts mais liés : la navigation spatiale et la mémoire.
Cette approche est importante, car des difficultés à trouver son chemin ou une désorientation subtile peuvent apparaître aux premiers stades de la maladie d’Alzheimer, parfois avant une perte de mémoire perceptible et des problèmes de navigation ultérieurs plus importants. Selon les chercheurs, la navigation spatiale n’est pas systématiquement évaluée en pratique clinique, même si les patients peuvent eux-mêmes remarquer ces changements.
SPAM vise à proposer un ensemble de questions plus structuré qu’une conversation informelle. Il pourrait ainsi donner aux cliniciens un moyen concret d’identifier plus tôt certains schémas, tout en fournissant aux familles des informations susceptibles de les aider à réfléchir à la sécurité d’un proche. L’étude étaye l’utilisation du questionnaire comme mesure du vieillissement cognitif, mais ses auteurs soulignent qu’il doit également être validé chez des personnes diagnostiquées avec une démence.
Qu’est-ce qui change en pratique ? Pas de diagnostic aujourd’hui. Le résultat immédiat est un instrument de recherche testé auprès de seniors en bonne santé, qui pourrait faciliter l’évocation de la navigation et de la mémoire lors d’une évaluation cognitive. Son utilité dans la prise en charge de la démence reste à déterminer lors des prochaines études de validation.
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