Inertia réduit à quelques heures la production de pastilles de fusion
Une pastille de combustible de fusion qui demandait autrefois plusieurs jours de travail minutieux ne prend désormais plus que deux à trois heures, affirme Inertia Enterprises. L'équipe de la startup a également ramené la phase de croissance des cristaux d'une durée pouvant atteindre une semaine au National Ignition Facility à environ 30 minutes, rapprochant ce goulet d'étranglement de laboratoire de la cadence d'une usine.
L'objet fabriqué ressemble moins à une cartouche de combustible classique qu'à une minuscule cible de précision. Une coque sphérique en diamant contient du deutérium et du tritium congelés, des isotopes de l'hydrogène susceptibles d'alimenter une fusion, avec un mélange gazeux à l'intérieur. Chaque couche doit rester presque parfaitement sphérique : les imperfections peuvent perturber la compression nécessaire pour déclencher la réaction.
Une enveloppe en or appelée hohlraum entoure la pastille et transforme l'énergie laser en rayons X. Ceux-ci compriment le combustible jusqu'à permettre aux atomes de fusionner et de libérer de l'énergie. Inertia a développé son procédé accéléré avec l'aide du National Ignition Facility du Laboratoire national Lawrence Livermore, dans le cadre d'un partenariat public-privé. Annie Kritcher, cofondatrice et scientifique en chef d'Inertia, a conçu la première expérience de fusion du NIF à produire davantage d'énergie qu'elle n'en consommait.
La startup affirme que son approche peut être déployée à l'échelle de la production industrielle. Le laser prévu serait quatre fois plus puissant que le laser actuel du NIF, ce qui, selon Inertia, donnerait à la pastille une meilleure tolérance aux imperfections et aurait contribué à accélérer la fabrication. L'entreprise fait partie des acteurs de la fusion qui cherchent à transformer les travaux du NIF, où les pastilles peuvent demander une semaine ou davantage de fabrication, en un procédé commercial reproductible.
Qu'est-ce que cela change concrètement ? Une production plus rapide des pastilles pourrait rendre une future installation plus petite, plus rapide et plus efficace, affirme Inertia, tout en réduisant le stock de tritium qu'elle doit conserver. Le tritium est radioactif et coûte actuellement environ 30 000 dollars le gramme ; selon Science, seulement 25 kilogrammes sont stockés dans le monde. Inertia prévoit qu'une centrale commerciale à pleine échelle utilisera dix pastilles de combustible par seconde, mais cette centrale reste une ambition et non une installation de production d'électricité déployée.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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