Le conseil co-conçu fait grimper la contraception post-partum à 48,9 %
Lors du suivi 16 semaines après l’accouchement, la proportion de femmes ayant choisi une contraception efficace était passée de 45,2 % à 48,9 % dans les cliniques suédoises qui testaient une nouvelle approche du conseil. Dirigée par Karolinska Institutet et publiée dans The Lancet Obstetrics, Gynaecology & Women's Health, l’étude a suivi près de 14 000 femmes à Stockholm, dans le Västra Götaland et à Jönköping.
Les grossesses rapprochées sont associées à des risques pour la mère et l’enfant, mais le conseil contraceptif après l’accouchement n’est pas toujours clair, personnalisé ou facile d’accès. Le problème est particulièrement visible chez les femmes issues de l’immigration dans les pays à hauts revenus : elles peuvent être moins susceptibles de recevoir des conseils ou des prescriptions et se heurter à des barrières linguistiques, à des difficultés de compréhension des informations de santé, aux coûts et à la complexité d’un nouveau système de soins.
Le projet IMPROVE-it a testé une collaboration d’amélioration de la qualité — une initiative menée en clinique pour modifier les pratiques de travail — dans laquelle des sages-femmes et des femmes ayant une expérience de la migration ont conçu ensemble les services de contraception. La moitié des 28 cliniques ont mis en œuvre l’approche, les sages-femmes recevant une formation et utilisant des outils pratiques ainsi que de nouvelles méthodes de travail ; les autres établissements ont poursuivi les soins habituels. Helena Kilander, de l’université de Jönköping, était coresponsable de la recherche sur le projet.
Le résultat doit toutefois être fortement nuancé. L’augmentation a principalement été observée chez les femmes nées en Suède. Chez les femmes nées hors de Suède, l’évolution était faible et non statistiquement significative, et les effets variaient selon les régions. Elin C. Larsson, professeure associée et chercheuse senior à Karolinska Institutet, a signalé que le manque d’interprètes, le temps limité pendant les rendez-vous et la capacité d’une organisation à accepter les changements constituaient des obstacles à des soins équitables.
Concrètement, l’étude livre une leçon en deux volets aux services de maternité : associer les femmes à la conception du conseil peut améliorer le choix d’une contraception efficace, mais la co-conception à elle seule ne peut pas supprimer les obstacles pratiques qui déterminent l’accès. Les chercheurs continueront d’analyser pourquoi l’approche a mieux fonctionné dans certaines régions et ont lancé IMPROVE-it 2.0 pour étudier ces facteurs organisationnels.
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