Dispositifs cardiaques : le suivi virtuel égale la clinique
Un rapport provenant d’un dispositif cardiaque implanté peut désormais parvenir à un médecin sans que le patient ait à se rendre d’abord en clinique. Au Canada, le système VIRTUES a produit des résultats comparables aux soins standard dans deux essais randomisés portant sur 1 115 patients équipés d’un pacemaker ou d’un défibrillateur cardioverteur implantable (DAI), suivis pendant 18 mois dans 13 centres.
Le système fonctionne grâce à des rapports de transmission envoyés par le dispositif implanté. Un médecin examine les informations et échange avec le patient sur le bon fonctionnement du dispositif. Les patients affectés à VIRTUES bénéficiaient d’un suivi à distance accompagné uniquement de communications dans le cadre de soins virtuels, tandis que le groupe recevant les soins standard avait des consultations en clinique, avec ou sans suivi à distance ; les deux groupes pouvaient obtenir des consultations non programmées en cas de problème lié au dispositif.
Le principal résultat en matière de sécurité s’est vérifié dans les deux essais. Un décès, un AVC ou une hospitalisation liée à une maladie cardiovasculaire ou au dispositif est survenu chez 11,0 % contre 11,2 % des patients dans l’essai sur les DAI, et chez 6,1 % contre 7,4 % dans l’essai sur les pacemakers. Les chercheurs ont conclu à la non-infériorité, ce qui signifie qu’il n’a pas été démontré que les soins virtuels étaient moins bons que les soins standard sur cette mesure. Concernant le délai entre un événement clinique important et une décision de la clinique, l’essai sur les DAI n’a relevé aucune différence, tandis que celui sur les pacemakers a montré une différence médiane de −3,25 jours.
Et ensuite ? Pour les patients, le gain concret réside dans la réduction des déplacements de routine vers les cliniques spécialisées et dans l’accès à des informations plus directes sur le fonctionnement de leur dispositif. Pour le système de santé, la différence de coût total ajustée était de 77 dollars canadiens par patient, principalement grâce à la diminution du nombre de consultations en clinique. Parkash a estimé que le système pourrait permettre d’économiser environ 10 millions de dollars par an au Canada seulement, et les chercheurs ont indiqué que la plupart des patients continueraient à l’utiliser si cette possibilité leur était offerte.
Le résultat est prometteur, mais ne constitue pas encore une preuve à l’échelle mondiale. Les essais ont été menés uniquement au Canada, et le système devra faire l’objet d’études supplémentaires dans d’autres régions avant qu’un déploiement plus large puisse être évalué. La professeure Ratika Parkash, de l’Université Dalhousie, a déclaré que VIRTUES pourrait être déployé à l’échelle mondiale, tandis que les résultats de l’essai montrent où en est actuellement cette possibilité : le système a été testé au Canada, mais n’est pas encore établi partout.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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