Les kofun suggèrent une concentration des ressources
Les kofun de tout le Japon, dont le kofun Hodota Hachimanzuka, dans la préfecture de Gunma, ont servi de mesure de la « mobilisation des ressources » dans les sociétés anciennes. Le professeur associé Hayashi Watanabe, de l’université Seijo, a utilisé l’édition de mars 2025 de la base de données nationale des kofun de l’université pour femmes de Nara et estimé leur volume à partir de la longueur et de la hauteur des tumulus. L’échantillon comprend notamment 4 545 kofun en forme de trou de serrure et compare mathématiquement la capacité de mobilisation des groupes qui les ont construits entre le milieu du IIIe et le VIIe siècle.
Les résultats montrent que plus les kofun en forme de trou de serrure sont grands et se situent au sommet du classement, plus leur nombre diminue rapidement : leur exposant cumulatif suit une loi de puissance proche de 1. Cette forme ressemble à la distribution des entreprises modernes, où les entreprises affichant un chiffre d’affaires élevé sont peu nombreuses et où une part importante des ressources se concentre au sommet. Les catégories intermédiaires se rapprochent d’une distribution log-normale, qui prend une forme en cloche lorsque les données sont logarithmées. Un schéma jusqu’ici observé dans des sociétés dotées d’archives administratives écrites, d’une économie monétaire et d’un système fiscal structurés apparaît donc aussi avant la stabilisation de ces institutions.
La taille des kofun elle-même variait selon les périodes et les régions, mais après normalisation par la médiane afin de corriger ces différences d’échelle, de nombreuses distributions se superposaient à une courbe commune. Toutefois, dans le Kinki, qui constituait le centre politique, ainsi que dans certaines parties du San’yō, notamment autour de Kibi, l’exposant était inférieur à 1, signe d’une concentration plus forte des ressources sur un petit nombre de kofun géants. Une structure commune à l’ensemble du pays et des biais propres aux centres de pouvoir apparaissent ainsi simultanément.
Qu’est-ce que cela change ? En prenant le volume des kofun comme indice, il devient possible de comparer à l’échelle nationale les écarts de capacité de mobilisation entre les groupes, y compris pour les périodes antérieures à la stabilisation des archives administratives écrites et de l’économie monétaire. Cette approche permet de mettre en regard l’observation de sites archéologiques individuels avec une analyse statistique similaire à celle des distributions d’entreprises, ouvrant une nouvelle voie pour étudier l’organisation des sociétés anciennes.
Il ne s’agit toutefois que d’une possibilité. Le volume constitue un indicateur approximatif de la main-d’œuvre et des ressources, et les résultats ont été présentés dans un article preprint du professeur associé Watanabe. Cette seule analyse ne permet pas encore d’établir le mécanisme ni les relations de causalité de la mobilisation des ressources dans l’Antiquité.
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