Statines : 30 % d’événements cardiovasculaires en moins après 70 ans
Un infarctus ou un AVC peut survenir après des décennies de vie apparemment ordinaire. Chez les adultes âgés, la question était de savoir si commencer une statine tardivement permettait encore de prévenir ce premier événement cardiovasculaire majeur. Dans l’essai STAREE, mené sur 10 ans, des chercheurs de Monash University ont constaté un risque inférieur de 30 % chez les adultes vivant de manière autonome et âgés de plus de 70 ans qui recevaient un traitement par statine plutôt qu’un placebo.
Près de 10 000 participants ont pris part à cet essai contrôlé randomisé, ce qui en fait l’une des plus vastes études de prévention des maladies cardiovasculaires chez les personnes âgées. STAREE — l’essai Statins in Reducing Events in the Elderly — a été publié dans le New England Journal of Medicine et présenté lors du Congrès 2026 de la European Society of Cardiology. Il s’intéressait à une population historiquement exclue de nombreux essais cliniques.
Le cadre de l’étude est important. Plus de 3 400 médecins généralistes ont participé partout en Australie, et l’essai a été mené en population générale. Mark Nelson, chercheur à Monash University et médecin généraliste, a déclaré que ces données donnaient aux médecins généralistes une base plus solide pour prendre des décisions concernant la santé cardiovasculaire des patients âgés.
Et concrètement ? Une personne âgée qui vit par ailleurs de manière autonome dispose désormais de données plus claires pour discuter avec son médecin généraliste de la pertinence d’un traitement par statine. Ce résultat pourrait aussi conduire à une actualisation des recommandations de traitement, que Sophia Zoungas espère voir les cliniciens pouvoir utiliser. Il ne signifie pas que toute personne de plus de 70 ans devrait automatiquement prendre une statine : la population étudiée et la situation de chaque patient restent déterminantes.
Ce résultat intervient alors que les maladies cardiovasculaires touchent, selon les estimations, 600 millions de personnes en 2025, et que leur prévalence mondiale devrait dépasser 1 milliard d’adultes concernés en 2050. En Australie, on estime que 21 000 personnes âgées sont victimes chaque année d’événements cardiovasculaires majeurs, comme des infarctus et des AVC. Ces chiffres illustrent la portée potentielle de la prévention, tandis que le cadre de l’étude, en population générale, offre au résultat une voie concrète entre la recherche et les consultations médicales.
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