Microsoft : l'IA pour coder fait grimper les tâches finies de 24 %

Chez Microsoft, des dizaines de milliers d'ingénieurs logiciels ont commencé à utiliser des outils d'IA pour coder entre janvier et avril 2026. Il s'agit d'outils qui ne fonctionnent pas à coups de boutons, mais avec des instructions écrites dans une interface en ligne de commande : Claude Code, d'Anthropic, et Copilot CLI, de GitHub. Les chercheurs ont suivi qui a essayé les outils, qui les a gardés et comment la production de chacun a évolué.
Les premiers essais ont été déclenchés par les relations au travail. Lorsqu'un collègue avec qui l'on pratique régulièrement la revue de code (la relecture mutuelle du code écrit par les autres) utilise l'outil, la probabilité d'essayer augmente. Si le supérieur direct l'utilise, le rapport de cotes (le rapport entre les probabilités d'essayer l'outil) progresse de 82 % ; si plus d'un quart des personnes avec qui l'on relit du code l'utilisent, il progresse de 54 %. Lorsqu'un collègue partageant le supérieur de son supérieur hiérarchique (deux niveaux au-dessus) avait été plus d'un quart à l'utiliser dans les deux semaines précédentes, la hausse a atteint jusqu'à 216 %.
Essayer et continuer sont deux choses différentes. La poursuite de l'usage dépendait de la quantité de code que chacun écrivait au quotidien. Les ingénieurs très occupés, qui écrivent beaucoup de code et envoient fréquemment des demandes d'intégration (« pull requests », des propositions de modifications à intégrer dans la branche principale), ont davantage constaté les bénéfices de l'IA et l'ont adoptée durablement. En revanche, ceux qui utilisaient déjà un autre outil d'IA dans un environnement de développement différent ont eu plus de mal à s'y fixer : sans doute trouvaient-ils leur environnement d'origine plus satisfaisant.
Voici les chiffres de l'effet. Les ingénieurs ayant utilisé un outil dès la première semaine ont fusionné en moyenne 24 % de demandes d'intégration de plus que ceux qui ne l'ont pas utilisé. Cette hausse n'est pas un simple effet de nouveauté passager : elle est restée stable pendant les quatre mois de l'étude. Par outil, les utilisateurs de Claude Code ont progressé de 11,4 % et ceux de Copilot CLI de 24,9 %.
Que faut-il en retenir ? Pour une organisation qui veut adopter ces outils, l'étude suggère que l'adoption se propage à partir des collègues et des supérieurs qui les utilisent déjà. Pour que l'usage s'installe durablement, il semble plus efficace de commencer par les développeurs qui écrivent beaucoup de code. Il faut toutefois garder ces résultats en perspective. Il s'agit de données internes à Microsoft. L'article est une version préliminaire, publiée sur arXiv, qui n'a pas encore été évaluée par les pairs. On ne sait pas encore si les mêmes résultats se retrouveraient chez des ingénieurs extérieurs à l'entreprise ou dans d'autres entreprises. Enfin, le chiffre de 24 % mesure le nombre de demandes d'intégration fusionnées, et non la qualité du code produit.
Commentaires
Chargement du fil…
Connectez-vous pour écrire un commentaire. Se connecter