Le pont-arc chinois de 600 mètres primé
Sur la rivière Hongshui, dans le Guangxi, la circulation franchit désormais une arche en béton d’une portée principale de 600 mètres. Le pont de Tian’e Longtan, situé dans le xian de Tian’e, à Hechi, a été ouvert en 2024 avec une circulation bidirectionnelle à quatre voies. L’agence de presse Xinhua l’a depuis reconnu comme le plus long pont-arc en béton armé d’acier au monde par sa portée. Le 24 août, le projet a reçu la première récompense des prix provinciaux du Guangxi dans le domaine des sciences et technologies.
Cette avancée se mesure par rapport à un précédent record de 445 mètres. Pendant des décennies, des ingénieurs au Japon, en Croatie et dans d’autres pays spécialisés dans la construction de ponts ont étudié des ponts-arc en béton approchant les 600 mètres, mais les ouvrages achevés dans ces pays restaient sous les 390 mètres. Les ponts-arc en béton conventionnels étaient généralement considérés comme difficiles à étendre au-delà de 400 mètres, tandis que les arcs constitués de tubes d’acier remplis de béton rencontraient des difficultés au-delà de 500 mètres.
La solution de l’équipe a consisté à alléger la structure. Le poids propre du pont représente plus de 90 % de ses contraintes totales, et le béton entourant l’ossature métallique représente plus de la moitié de ce poids. Les ingénieurs ont séparé l’arche principale en deux nervures et supprimé des sections peu sollicitées, réduisant la largeur de l’arche de 23 mètres à 13 mètres. L’utilisation de béton est passée d’environ 40 000 mètres cubes à 28 000 mètres cubes, tandis que le projet employait 22 % de béton en moins par mètre que les ponts de la classe des 400 mètres soumis au même niveau de contraintes.
Une telle quantité de béton doit également prendre sans développer de fissures dangereuses lorsque les températures et les contraintes internes évoluent. L’équipe de construction a mis au point de nouvelles méthodes de coulage pour maîtriser ces fissures, permettant au projet de dépasser les limites associées aux ponts-arc à longue portée précédents. Cette approche aurait également permis d’économiser 110 millions de yuans par rapport à une conception à haubans ; les coûts d’entretien sur la durée de vie prévue de 100 ans devraient être inférieurs de 470 millions de yuans.
Concrètement, le pont fournit aux ingénieurs chinois un exemple fonctionnel d’arche en béton de 600 mètres, supportant une circulation réelle, plutôt qu’un simple calcul de laboratoire. Pour les futurs projets à longue portée, le gain pratique réside dans une conception d’arche plus légère, des coûts de construction annoncés comme inférieurs et un avantage prévisionnel en matière d’entretien, même si ces économies restent des estimations et que les affirmations techniques sont présentées dans des rapports consacrés au projet et émanant d’institutions, plutôt que dans le cadre d’un examen indépendant des coûts.
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