Le prototype d’aile solaire enroulable de Yanhe Tech vise l’orbite
Une aile solaire pour satellite est enroulée comme un tapis de yoga dans un atelier chinois. Yanhe Tech a achevé Xingyun, un prototype fabriqué avec un matériau solaire à base de pérovskite, et l’envoie vers des essais en orbite. Pendant le lancement, le panneau se compacte dans une bobine d’un diamètre à peu près égal à celui d’une bouteille thermos, puis doit se déployer dans l’espace depuis le flanc du satellite.
Le changement est autant mécanique que chimique. Les ailes traditionnelles des satellites utilisent des panneaux rigides qui se plient en plusieurs étapes, ce qui augmente le poids et consomme de l’espace de rangement à l’intérieur de la fusée. Xingyun utilise un composite à mémoire superélastique qui s’enroule dans un cylindre ; un mécanisme d’entraînement passif déroule ensuite le panneau d’un seul mouvement fluide.
Yanhe Tech affirme que cette conception pèse 25 à 30 % de moins que les ailes solaires pliables classiques. L’entreprise annonce également un ratio de stockage de 35 pour 1, ce qui signifie que le panneau déployé couvre un volume 35 fois supérieur à celui qu’il occupe une fois rangé. Elle indique qu’une aile peut alimenter des microsatellites et des CubeSats, tandis que des réseaux pourraient servir des constellations de communications, des satellites de télédétection et des charges utiles destinées à l’espace lointain.
Concrètement, qu’est-ce que cela change ? Un système d’alimentation plus petit et plus léger pourrait libérer de la capacité de lancement et de l’espace pour les équipements des satellites, en particulier lors des missions regroupant de nombreux petits engins spatiaux dans une même fusée. Cet avantage reste toutefois conditionnel : Xingyun est encore un prototype.
Le principal obstacle est l’endurance. Feng Fan, fondateur et PDG de Yanhe Tech, affirme que les cellules à pérovskite en orbite ont actuellement une durée de vie prévue de six mois et restent à un stade précoce de vérification. Les rayonnements et les variations extrêmes de température en orbite terrestre basse les dégradent plus vite que les cellules traditionnelles en silicium. L’entreprise utilise des méthodes d’IA à haut débit pour affiner la formulation chimique du matériau, tout en visant un réseau spatial d’alimentation plus vaste, organisé en trois niveaux, pour 2030.
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