Une animation de poisson réduit de 9 % le stigma de l’addiction
Un jeune poisson rencontre sous l’eau une étrange substance informe. Un poisson plus âgé l’avertit de s’en éloigner, mais cette rencontre se transforme peu à peu en dépendance et débouche finalement sur une révélation concernant l’addiction et le rétablissement de l’aîné. L’animation de 2 minutes et 40 secondes de Stanford Medicine a réduit de 9 % le score de stigmatisation de l’addiction immédiatement, et de 4 % deux semaines plus tard lorsqu’elle était accompagnée de musique, selon un essai contrôlé randomisé.
Maya Adam, directrice du Health Media Innovation Lab de Stanford Medicine, et une équipe internationale de chercheurs ont testé le film au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Afrique du Sud. Presque tous les 13 397 participants ont rempli le premier questionnaire, et 92 % ont répondu au suivi. Un groupe a regardé le film avec sa bande sonore, un autre la version muette, et un troisième a lu un texte informatif sur les troubles liés à l’usage de substances.
L’animation muette a également réduit la stigmatisation, mais dans une moindre mesure : les scores ont baissé de 6 % immédiatement et de 2 % lors du suivi. Les spectateurs des deux films ont aussi déclaré ressentir davantage de chaleur envers les personnes confrontées à l’addiction et faire preuve de plus d’optimisme, des effets qui restaient supérieurs au niveau initial deux semaines plus tard. L’équipe d’Adam estime que la musique aide en fournissant une feuille de route émotionnelle sans dire aux spectateurs ce qu’ils doivent penser.
Le format est conçu comme une micro-intervention : un message bref et sans paroles qui peut circuler sur les réseaux sociaux ou par d’autres canaux numériques, et toucher des personnes qui ne recherchent pas d’informations de santé publique. Stanford Medicine a publié la vidéo sur sa chaîne YouTube, tandis que des partenaires locaux utilisent les contenus du laboratoire dans des salles d’attente de cliniques à travers San Francisco. L’équipe développe également des travaux similaires sur la stigmatisation liée à la santé mentale et prépare un essai sur le dépistage du cancer colorectal dont le personnage principal sera un polype.
Concrètement, ce résultat offre aux équipes de santé publique un moyen simple à déployer pour susciter une réaction plus compréhensive avant qu’une personne ne soit confrontée à l’addiction dans sa vie quotidienne. Il ne montre pas qu’un court métrage modifie l’accès aux traitements ou les comportements à long terme : l’effet mesuré concernait la stigmatisation, et Adam elle-même estime qu’une seule vidéo ne peut pas bouleverser la vision du monde d’une personne. Son intérêt réside dans la possibilité de répéter une petite intervention à grande échelle, dans des lieux où un programme plus long ou un contact en personne est plus difficile à mettre en place.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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