La pleine conscience n’augmente pas le risque d’aggravation de la dépression
À Madison, des chercheurs ont réexaminé les dossiers de 1 258 adultes pour étudier une inquiétude qui accompagne depuis des années la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience, ou MBCT : un traitement censé prévenir le retour de la dépression pourrait-il aussi aggraver les symptômes ? Leur réponse, publiée dans JAMA Network Open, est qu’il n’existe aucune preuve d’un risque accru par rapport aux conditions témoins.
L’équipe du Center for Healthy Minds, du département de psychologie de l’éducation de l’UW–Madison et de plusieurs universités a réévalué les données individuelles de participants à neuf essais contrôlés randomisés. La MBCT associe thérapie cognitivo-comportementale et pratiques de pleine conscience, comme la méditation, et est utilisée pour aider les personnes souffrant de dépression récurrente à prévenir les rechutes.
La question de la sécurité s’est posée après la publication de quelques études limitées faisant état d’effets indésirables signalés par des patients. Ces études ne comportaient toutefois aucun groupe témoin et ne pouvaient donc pas montrer si l’aggravation des symptômes était liée à la MBCT ou se serait également produite en l’absence de traitement. Dans la nouvelle analyse, certaines comparaisons secondaires ont apporté des éléments indiquant que la MBCT réduisait le risque d’aggravation par rapport à d’autres traitements, notamment les antidépresseurs.
Et qu’est-ce que cela change en pratique ? Pour les adultes dont la dépression récurrente est en rémission partielle ou complète, ces résultats justifient de continuer à proposer la MBCT, sans preuve que la thérapie elle-même augmente le risque d’aggravation des symptômes. C’est important, car le traitement est déjà largement adopté dans les systèmes de santé, tandis que la dépression touche près de 332 millions de personnes dans le monde.
La limite est claire. Les essais ne portaient pas sur des personnes souffrant de dépression aiguë ; le résultat ne peut donc pas automatiquement être étendu à ces patients ni à d’autres populations cliniques. Simon Goldberg, professeur associé à l’UW–Madison et membre du corps enseignant du Center for Healthy Minds, a déclaré que de futurs essais randomisés devraient évaluer plus largement l’expérience des patients ; les résultats actuels montrent que la MBCT est utile et ne nuit pas au patient moyen.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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