Un questionnaire relie expériences positives et résilience adulte
Un grand-parent qui prend des voix différentes pour lire Le Gruffalo évoque le genre de souvenir qui apparaît rarement dans un tableau des difficultés de l’enfance. Un conducteur de bus scolaire peut lui aussi compter. Des chercheurs de Northeastern University ont désormais conçu un questionnaire destiné à mesurer ces expériences positives et les ont mises en relation avec de meilleurs indicateurs de santé mentale à l’âge adulte.
Kelsie Lopez, chercheuse postdoctorale en psychologie au Center for Cognitive and Brain Health de Northeastern, a travaillé avec Laurel Gabard-Durnam, professeure de psychologie, et des collègues de Bryn Mawr College, en Pennsylvanie. Leur échelle POS-DEV organise les expériences favorables de l’enfance autour de la prévisibilité, des possibilités et de la sécurité : savoir qui s’occuperait de soi après l’école, avoir des occasions de nouer des relations étroites et se sentir protégé physiquement et émotionnellement.
Environ 1 200 participants ont indiqué dans quelle mesure des affirmations correspondaient à leur enfance, de « tout à fait vrai » à « pas du tout vrai », à l’aide d’une échelle en quatre points. Ils ont également rempli des questionnaires portant sur les expériences défavorables de l’enfance, leur anxiété et leur dépression actuelles, ainsi que leur résilience. Les participants étaient âgés de 18 à 65 ans et représentaient un éventail de milieux socioéconomiques.
Le résultat n’est pas que les souvenirs positifs annulent les expériences difficiles. Les expériences positives vécues pendant l’enfance étaient associées à une moindre dépression et anxiété et à une plus grande résilience à l’âge adulte, même après prise en compte des difficultés et du statut socioéconomique. Les expériences défavorables restaient associées à une anxiété et une dépression plus élevées. Chaque catégorie apportait des informations que l’autre ne pouvait pas fournir.
Et concrètement ? L’échelle offre aux chercheurs un moyen de demander quel soutien était présent, et pas seulement ce qui s’était mal passé. Elle pourrait contribuer à rendre visible le rôle des relations et des possibilités dans les études consacrées à la santé tout au long de la vie. Les participants ont cité des grands-parents, des tantes, des oncles, des enseignants, des entraîneurs et des responsables spirituels, mais aussi un conducteur de bus et une personne rencontrée dans un bar de motards. Les résultats reposent sur des déclarations rétrospectives et montrent des associations, sans prouver qu’une personne ou une expérience a causé un problème de santé mentale ultérieur.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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