Chez les souris, les hormones mâles renforcent les nerfs qui freinent l’asthme
Les souris ont commencé à recevoir chaque jour des doses nasales d’extrait d’acariens à 15 jours, au moment où débutait la puberté. Après trois semaines, les deux sexes avaient développé une réaction allergique, mais les jeunes mâles présentaient beaucoup moins d’inflammation pulmonaire et moins de cellules immunitaires inflammatoires que les femelles. L’étude, publiée dans Science Immunology, avance une explication possible : les hormones mâles contribuaient à construire un réseau nerveux protecteur dans les poumons.
Le résultat fait écho à un phénomène observé depuis longtemps chez l’humain. L’asthme est plus fréquent chez les garçons avant la puberté, puis s’améliore souvent chez les hommes tandis qu’il devient plus fréquent et plus sévère chez les femmes. En 2023, on estimait que 363 millions de personnes dans le monde souffraient d’asthme et que 442 000 en étaient mortes. Pour tester le rôle des hormones, les chercheurs ont retiré les testicules des souris mâles et les ovaires des souris femelles à l’âge de 14 jours. Privés d’hormones naturelles, les mâles ont perdu leur protection ; des injections de testostérone ont de nouveau apaisé l’inflammation.
Les poumons n’étaient pas protégés par une action directe de la testostérone sur les cellules immunitaires. Les récepteurs aux androgènes — des protéines qui répondent aux hormones sexuelles mâles — présents sur les nerfs sympathiques ont plutôt activé des gènes impliqués dans la croissance et le développement nerveux. Les poumons mâles ont alors développé un réseau de ces nerfs plus dense et davantage ramifié. Ceux-ci libéraient de la noradrénaline, un neurotransmetteur qui freinait les protéines immunitaires à l’origine de l’inflammation pulmonaire de type 2.
Les chercheurs ont testé ce lien avec des souris génétiquement modifiées dont les nerfs sympathiques étaient dépourvus de récepteurs aux androgènes. Leurs taux hormonaux étaient normaux ailleurs dans l’organisme, mais leurs nerfs pulmonaires se développaient mal. Après exposition à l’allergène, les souris ont développé une inflammation sévère et une forte production de mucus dans les voies respiratoires. Ce résultat place la connexion nerveuse, plutôt que les seuls taux hormonaux, au centre du mécanisme proposé.
Concrètement, qu’est-ce qui change ? Pas encore le traitement de l’asthme chez l’humain : les données proviennent de souris, et les chercheurs doivent encore établir si l’humain possède la même voie, de l’enfance à la puberté puis à l’âge adulte. Ces travaux apportent néanmoins des éléments sur l’évolution de l’asthme et sur de nouvelles façons potentielles de favoriser sa rémission.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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