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CRISPR désactive des fusions de gènes cancéreuses en laboratoire

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Infographie générée : 16.5% — CRISPR désactive des fusions de gènes cancéreuses en laboratoire
Illustration générée par IA

Une cellule cancéreuse porte une jonction qu'aucune cellule saine ne possède : deux gènes autrefois séparés, désormais fusionnés en un seul. Des scientifiques du Peter Mac, travaillant avec le Dr Mohamad Fareh et le Dr Wenxin Hu, ont trouvé un moyen de viser précisément cette jonction. Dans un article publié dans Science Advances, ils rapportent avoir réduit au silence neuf fusions de gènes cancérigènes dans des modèles cellulaires de laboratoire.

Une fusion de gènes naît d'une lésion. Lorsque l'ADN se brise à l'intérieur d'une cellule et est réparé de manière incorrecte, des parties de deux gènes différents se retrouvent liées. Selon les chercheurs, de telles fusions sont présentes dans environ 20 % de tous les cancers et agissent comme de « véritables moteurs oncogènes » dans 16,5 % des cas. Certaines sont assez fréquentes pour porter un nom : BCR-ABL1 apparaît dans presque tous les cas de leucémie myéloïde chronique, et EWSR1-FLI1 dans plus de 85 % des cas de sarcome d'Ewing, un cancer rare des os et des tissus mous environnants.

L'outil est CRISPR-Cas13, un jeu de ciseaux moléculaires programmable pour reconnaître une séquence précise. L'équipe le dirige vers l'endroit où les deux gènes se rejoignent, de sorte que l'ARN messager du gène fusionné soit inactivé et que ses effets cancérigènes cessent. Comme chaque tumeur peut porter une fusion légèrement différente, la programmation change d'un patient à l'autre. « Plutôt que de développer une technologie entièrement différente pour chaque cancer, nous pouvons reprogrammer le système CRISPR », affirme Wenxin Hu.

Pour un patient, cela signifierait un traitement adapté à la modification génétique exacte de sa tumeur, mais ce résultat reste lointain. La méthode n'a pour l'instant été démontrée que dans des modèles cellulaires de laboratoire, et non chez l'animal ni chez l'humain. L'équipe doit encore montrer dans quelle mesure la machinerie CRISPR peut atteindre efficacement les tumeurs dans l'organisme, et si elle ne cible que les cellules cancéreuses dans des modèles plus complexes. Fareh qualifie ces travaux d'« étape importante » vers la transformation de l'information génétique des cancers en nouveaux traitements ; les prochaines étapes sont ces expériences, et non des essais cliniques.

16,5 %des cancers dans lesquels les fusions de gènes sont un moteur oncogène avéré

Sources — lire les originaux(heure de Paris)

Medical XpressEN
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