Fortescue vend du cuivre épuré de son arsenic à basse température

Un lot de concentré de cuivre qu'une fonderie aurait déclassé, voire refusé purement et simplement, vient d'être vendu. Fortescue, le groupe minier australien, a expédié plus de 40 tonnes de concentré de cuivre de qualité commerciale, passé par son propre procédé de suppression de l'arsenic, le procédé Toowong, avant de quitter le site.
Le problème visé est ancien. Le concentré de cuivre est une poudre issue de la roche que les fonderies, ces usines qui le fondent pour en extraire le métal, achètent à la tonne. Lorsqu'il contient trop d'arsenic, les acheteurs appliquent de fortes décotes ou refusent tout simplement de le prendre. Les mineurs gèrent généralement ce problème en grillant le minerai, c'est-à-dire en le cuisant à des températures extrêmes pour chasser l'arsenic. Cette méthode consomme beaucoup d'énergie, génère d'importantes émissions de carbone et envoie dans l'air une poussière d'arsenic soluble dans l'eau, raison pour laquelle les usines doivent installer un confinement coûteux autour de ces installations.
Le procédé Toowong fonctionne autrement. Il s'agit d'une méthode hydrométallurgique : il dissout et sépare l'arsenic dans des solutions chimiques à basse température et basse pression, au lieu de le traiter dans un four. L'arsenic se retrouve piégé dans un solide chimiquement stable, tandis que presque tout le cuivre reste dans le produit. Au cours de sept campagnes d'essais totalisant plus de 3 000 heures de fonctionnement sur le site de Brisbane, Fortescue affirme avoir fait passer une charge d'alimentation contenant jusqu'à 7,0 % d'arsenic à moins de 0,25 %, tout en récupérant plus de 99,9 % du cuivre.
Ces chiffres proviennent de Fortescue elle-même, et aucune mesure indépendante n'est citée dans les éléments disponibles. Gus Pichot, directeur général chargé de la croissance et de l'énergie chez Fortescue, a présenté ce résultat comme un moyen de rendre économiquement viables les gisements à forte teneur en arsenic, en le comparant aux premiers travaux de l'entreprise sur le minerai de fer de faible teneur. La première vente commerciale prouve que les acheteurs acceptent le produit, mais il ne s'agit que d'une seule transaction, et les sources ne communiquent ni son prix ni l'identité de l'acheteur.
Pour les mineurs qui détiennent des gisements riches en arsenic, le changement concret est qu'un gisement autrefois pénalisé, voire invendable, pourrait devenir commercialisable, et que les émissions liées aux fours ainsi que le confinement des poussières ne seraient plus la seule voie possible. Fortescue indique qu'elle étend désormais le procédé à ses activités mondiales, le projet de cuivre Cañariaco au Pérou figurant parmi les cibles. Les sources ne donnent aucune date de déploiement sur ce site ni ailleurs. Pour l'heure, le procédé reste donc un résultat démontré à Brisbane et lors de la première expédition commerciale, et non une méthode utilisée à l'échelle de l'industrie.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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