Étude en labo : les traitements cardiaques activent PANK1
Dans un laboratoire de Penn Medicine, des cellules cardiaques humaines ont été examinées de plus près après exposition à une classe de médicaments déjà connue des patients : les inhibiteurs de SGLT2. Les chercheurs ont découvert que ces médicaments activent directement PANK1, une enzyme qui aide les cellules cardiaques à produire et à utiliser de l’énergie, et que cette activation améliorait leur capacité à se contracter et à se relâcher.
Ce mécanisme comble une lacune persistante depuis que ces médicaments sont passés du traitement du diabète à celui de l’insuffisance cardiaque. Leur cible initiale, la protéine SGLT2, se trouve dans les reins, alors que leurs bénéfices cliniques se manifestent dans le cœur. En utilisant des tissus cardiaques humains provenant de receveurs et de donneurs de greffe, l’équipe a découvert que les inhibiteurs de SGLT2 augmentaient la capacité du cœur à utiliser les sucres, les graisses, les acides aminés et les corps cétoniques comme carburant.
PANK1 contrôle la première étape, la plus importante, de la production de coenzyme A, ou CoA, une molécule essentielle à la conversion des nutriments en énergie. Les chercheurs ont constaté que les médicaments se liaient physiquement à PANK1 et l’activaient. L’activation de PANK1 seule reproduisait bon nombre des bénéfices des médicaments ; le blocage de cette voie les supprimait en grande partie. Les chercheurs indiquent que d’autres mécanismes ne peuvent pas être totalement exclus, mais que les données désignent PANK1 comme un moteur majeur.
Et concrètement ? Cette découverte pourrait aider à expliquer pourquoi les inhibiteurs de SGLT2 peuvent commencer à bénéficier aux patients atteints d’insuffisance cardiaque en quelques jours. Elle offre également aux concepteurs de médicaments une cible plus précise : des médicaments qui activeraient directement PANK1 pourraient potentiellement conserver les bénéfices cardiaques tout en évitant certains effets indésirables associés aux traitements actuels, notamment les infections urinaires, la déshydratation et la rare acidocétose diabétique.
Cette possibilité reste encore à explorer. Les résultats proviennent de cellules et de tissus humains étudiés en laboratoire, et non d’un essai clinique d’un médicament ciblant PANK1. L’étude, dirigée par l’équipe de Zoltan Arany à l’Université de Pennsylvanie et publiée dans Science, identifie une voie biologique ; elle ne permet pas encore d’établir l’existence d’un nouveau médicament ni de prouver que PANK1 explique tous les bénéfices des inhibiteurs de SGLT2.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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