L’exercice aérobie améliore les fonctions exécutives après la ménopause
Une marche rapide, une sortie à vélo ou un cours d’aquagym peuvent désormais être évalués à l’aune d’un objectif cognitif précis : la capacité à passer d’une tâche à l’autre et à gérer les erreurs. Dans un essai randomisé mené par Rutgers, 93 femmes en bonne santé âgées de 20 à 67 ans ont suivi pendant six mois soit un programme d’exercice aérobie, soit un programme d’étirements et de renforcement musculaire. Les femmes ménopausées du groupe aérobie ont enregistré les progrès les plus importants en matière de fonctions exécutives.
Les fonctions exécutives regroupent les capacités qui aident à planifier, à rester concentré, à organiser ses activités et à passer d’une tâche à une autre. L’étude, dirigée par Sharon Sanz Simon de la Rutgers New Jersey Medical School et publiée dans le Journal of Alzheimer's Disease, a relevé des améliorations mesurables après trois mois, les bénéfices continuant à se renforcer jusqu’à la fin de l’essai, au bout de six mois. Les progrès ne concernaient ni la mémoire ni la vitesse de traitement.
Les participantes n’étaient pas déjà actives : toutes présentaient au départ une condition cardiorespiratoire inférieure à la moyenne et ne faisaient pas régulièrement de sport. Ce résultat est donc pertinent pour les femmes que les chercheurs souhaitaient atteindre, et pas seulement pour celles qui suivent déjà une routine sportive exigeante. Environ 8 participantes sur 10 ont suivi le programme pendant au moins trois mois, et environ 7 sur 10 l’ont terminé au bout de six mois.
Le programme pratique présenté par Rutgers prévoit trois à quatre séances d’une heure par semaine, pendant au moins trois à six mois. Chaque séance comprend un échauffement de 10 à 15 minutes et de légers étirements, suivis de 45 minutes d’activité aérobie modérée continue. La marche rapide, le jogging léger, le vélo, l’entraînement sur vélo elliptique, la natation, l’aquagym et les exercices cardio dansés figurent parmi les options proposées ; la régularité compte davantage que l’activité choisie, l’intensité devant augmenter progressivement.
Concrètement : les femmes ménopausées partant d’un faible niveau de condition physique disposent peut-être d’un moyen structuré d’entraîner leur flexibilité cognitive en même temps que leur condition cardiovasculaire, sans avoir besoin de pratiquer un sport particulier. Le résultat ne montre pas d’amélioration de toutes les capacités cognitives et provient d’une seule étude de six mois ; les chercheurs de Rutgers estiment que des travaux supplémentaires sont nécessaires pour comprendre comment les interventions liées au mode de vie préservent la santé cognitive tout au long de la vie. Les chercheurs présentent cette question comme un enjeu majeur de la période de la vie moyenne : les femmes représentent deux tiers des diagnostics de maladie d’Alzheimer, tandis que les changements liés à la ménopause peuvent coïncider avec une plus grande difficulté à mobiliser certaines capacités cognitives.
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