Saft lance à Bordeaux une ligne pilote de batteries tout-solide

Dans l'usine de Saft à Bordeaux, en Gironde, la première ligne de batteries tout-solide a été inaugurée lundi 16 octobre. Le groupe, filiale de TotalEnergies, réalisait 1,4 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2025, et ses batteries équipent navires, trains, avions, satellites, compteurs intelligents ou systèmes de stockage d'énergie.
Dans une batterie classique, les ions circulent entre les deux pôles à travers un électrolyte, le milieu conducteur qui les transporte. Ici, cet électrolyte est solide. Selon Saft, ce remplacement élimine les composants hautement inflammables, ce qui réduit fortement les risques. Le site emploie environ 700 personnes, dont 300 chercheurs et ingénieurs, et abrite le centre mondial de recherche du groupe.
Cédric Duclos, PDG de Saft, affirme que la ligne a déjà atteint une densité énergétique proche de 400 Wh/kg, soit des wattheures par kilogramme, avec pour objectif de dépasser 500 Wh/kg. Une cellule lithium-ion de production actuelle plafonne entre 250 et 300 Wh/kg. Le groupe annonce une densité pouvant progresser jusqu'à 50 % par rapport au lithium-ion conventionnel, et chiffre à jusqu'à 40 % la baisse possible des émissions de CO₂ liées à cette étape de fabrication, sans bilan complet de la batterie.
Ces chiffres sont ceux de l'entreprise, et ils viennent d'une ligne pilote. Enerzine rappelle qu'il ne s'agit pas encore de cadences industrielles ni d'un procédé figé, un contrôle qualité restant à tenir. Saft ne donne ni volume annuel de production ni calendrier de commercialisation généralisée. Bouger à Bordeaux souligne que cette mise en route est une étape de fabrication, qui ne vaut pas homologation d'une batterie destinée à voler.
Les cellules seront évaluées avant d'être intégrées à de futures architectures de batteries, et l'essentiel des essais de validation sera réalisé au centre d'essais système du site de Safran à Niort, selon VIPress. Aucune date de mise sur le marché n'est annoncée. Pour mesurer l'enjeu, L'Usine Nouvelle rappelle que la Chine a détaillé fin septembre ses ambitions, avec une production de masse espérée dès 2030.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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